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 Tant que mon corps frémira sous tes mains 13.10.10 - 01H10

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Cléo





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MessageSujet: Tant que mon corps frémira sous tes mains 13.10.10 - 01H10   Mer 13 Oct - 0:14

    Et bien voila, ce jour qu’elle attendait tant depuis déjà deux semaines était enfin arrivé. Au final, bien que se sentant libérée d’un énorme poids, la satisfaction n’était pas si grande que ça. Le fait, bien entendu de pouvoir librement le toucher, lui sourire ou simplement le regarder comme avant était plaisant, elle retrouvait les gestes quotidiens et ça lui faisait un bien fou. Mais parallèlement, elle se rendait compte qu’ils avaient beaucoup de choses à se dire et qu’elle n’aimerait pas toutes les entendre. Notamment concernant Zoran. Zoran qui en réalité occupait ses pensées. Elle aurait voulu lui dire avant, tout lui expliquer le prendre à part, lui avouer mais n’avait pas pu. A la place, elle n’avait pas érigé d’assez fermes barrières pour se protéger, pour le protéger d’elle-même et de son couple. Au final, son égocentrisme lui indiquait qu’il devait sans doute souffrir et terriblement lui en vouloir. Elle n’était peut-être pas si loin de la vérité, en tout les cas elle s’en voulait beaucoup et n’arrêtait pas d’y penser, essayant de trouver un moyen pour se faire pardonner, n’importe lequel.

    En tout les cas, il lui semblait que la maison était différente depuis tout à l’heure comme si elle pouvait librement se promener sans devoir cacher une part de sa personnalité. Bien qu’ils aient tous quelque chose a caché, ne pas pouvoir se comporter comme on l’entend reste très difficile et incroyablement éprouvant pour les nerfs. Peut-être arriverait-elle à dormir plus de cinq heures par nuit désormais ? Dans quel lit cela restait un mystère bien qu’elle doute que Narcisse pousse sa gentillesse envers Zoran à le laisser dormir avec elle pour ne pas trop le brusquer. Voulant d’abord tâter le terrain quant à la réaction des autres habitants, elle demanda à Narcisse de le rejoindre dans la soirée sur les hamacs. Il arriva tranquillement une quinzaine de minutes après son installation. Elle se hissa du tissu en le voyant arriver et avança vers lui pour se blottir dans ses bras profitant d’une étreinte depuis trop longtemps interdite. Il lui avait manqué à un point qu’elle n’aurait sans doute pas pu imaginer. Son odeur, la pression de ses bras autour de son corps, le souffle dans ses cheveux, chaque détail comptait, tout avait son importance. Elle releva la tête pour le regarder dans les yeux et brisa le silence des retrouvailles sans regret. « Je t’aime. »

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Narcisse





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MessageSujet: Re: Tant que mon corps frémira sous tes mains 13.10.10 - 01H10   Mer 13 Oct - 0:48

De toute la soirée, je n'avais qu'à peine goûter le plaisir de retrouver Cléo. N'importe qui aurait sauté de joie, et j'aurais certainement dû exprimer une satisfaction supérieure à toute autre, et démonstrative avec cela... mais ce n'était pas si évident que cela.

D'abord, il y avait tout ce que Cléo et moi ne nous étions pas dits. Des bruits de couloir, certes, mais cela n'avait rien de concret, d'ouvert et des plus sincères. J'avais encore beaucoup de choses sur le cœur, des choses qui avaient joué un rôle majeur sur mes humeurs. Ensuite, il y avait Zoran. Je ne voulais pas de mal à ce type, mais je doutais fortement que lui me veuille tout à fait du bien. Je n'étais pas dénué de compassion, mais c'était là encore un épineux sujet que je ne pouvais ni tout à fait reproché ni tout à fait épargné à Cléo. En outre, les données allaient changer dans la Maison. Cléo et moi positivement en couple, cela change énormément de choses dans le jeu des affinités, et j'en redoutais les conséquences. Enfin, je gardais l'amertume de l'échec. Quatre semaines, c'était une éternité, mais, maintenant soulagé, j'en gardais le curieux et persistant sentiment de nous être mis trop naturellement en danger. Et cela m'était intolérable.

Comme elle me l'avait demandé, je rejoignis Cléo un peu plus tard, près des hamacs. J'avais eu le temps de faire le point sur la question, et mieux encore sur ce qu'il était avisé de dire et de taire. En m'avançant vers elle, j'eus plaisir à la voir venir à moi. Ce n'était plus arrivé depuis longtemps et son étreinte me fût appréciable à nulle autre pareille. « Je t'aime aussi. » Pendant quelques secondes, j'avais hésité à le dire : non pas que je ne le pensais pas, mais simplement que les mots brûlaient quelque chose en moi, c'était là la logique d'un secret longtemps gardé. « Il faut qu'on parle... » A ce titre, je m'écartai d'elle pour l'attirer près des hamacs. Je n'avais pas l'intention d'y prendre place mais bien de nous isoler le plus possible. Ce fût juste plus fort que moi ; à ce titre, ce fût glacial et sans tact. « Que ressens-tu pour Zoran ? Pas de détours, pas d'excuses, juste une réponse. »
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Cléo





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MessageSujet: Re: Tant que mon corps frémira sous tes mains 13.10.10 - 01H10   Mer 13 Oct - 1:07

    Ces retrouvailles s’annonçaient tendues, Cléo en avait pleinement conscience mais voulait faire durer le moment de félicité le plus longtemps possible. Malheureusement, le répit ne dura pas longtemps bien qu’il consentit tout de même à lui retourner sa démonstration d’affection. Cette phrase mythique tellement abhorré parmi les couples arriva bien trop vite détruisant son petit cocon de joie. Elle garda sa main dans la sienne mais s’écarta légèrement de lui, le caressant du pouce. Cette question sans détour ni artifice était tout à fait ce qu’elle aurait pu prédire. Il était logique qu’il veuille une réponse et elle lui devait la vérité. « J’aurais pu tomber amoureuse de lui … » Cela voulait tout dire et pas assez en même temps elle en avait conscience, tout autant qu’elle se rendait compte du sentiment que cela pouvait provoquer en Narcisse, ce pourquoi elle s’empêcha de rectifier les choses. « Mais c’est toi que j’aime, depuis bien trop longtemps pour passer à côté de nous. Je ne sais pas ce que je ferais sans toi Nars, tu es l’homme de ma vie, on était prédestiné à se rencontrer et aujourd’hui nous sommes là, tout les deux. Zoran n’est qu’un ami, rien de plus je te le promet il ne s’est jamais rien passé. J’ai été claire dès le début. » Elle lâcha sa main pour s’avancer vers les hamacs, lui tournant le dos. Elle s’appuya à un poteau et observa la lune en silence. Luttant contre les larmes, elle essayait de ne pas penser aux différentes réactions logiques qu’il pourrait avoir. La question Camille lui brûlait les lèvres mais ce n’était clairement pas le bon moment, même s’il ne devait certainement pas y en avoir de bon pour ces choses là. « De ne pas pouvoir te toucher, d’être là à tes côtés sans pour autant l’être a été pour moi une véritable torture. Si je n’avais pas été certaine de mes sentiments pour toi après tant d’années, cela aurait pu suffire pour me rappeler que la vie sans toi m’est impossible. Je t’aime trop pour ça Nars, tu fais partie de moi, je t’ai donné mon cœur il y a bien longtemps. »
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MessageSujet: Re: Tant que mon corps frémira sous tes mains 13.10.10 - 01H10   Mer 13 Oct - 1:23

Elle aurait pu tomber amoureuse de lui. Je rêvais où elle venait de dire qu'elle aurait pu tomber amoureuse de Zoran. Est-ce que je venais vraiment d'entendre la femme qui partageait ma vie affirmer, sans détour et presque trop naturellement, qu'elle aurait pu avoir des sentiments pour un homme qui l'avait effectivement courtisée ? Soit elle se payait ma tête, et ça n'avait rien de drôle, soit elle était sérieuse, et ça n'allait pas être drôle pour elle dans les instants qui venaient...

Bien sûr, elle se justifia, car c'était ce que faisaient systématiquement les femmes en tort, perdues dans leur sentiment, entre deux hommes. « Tu... » Si je la laissai terminer, c'était seulement parce que j'étais tout à fait incapable de formuler une répartie correcte. Si elle cherchait vraiment à me mettre en colère, elle était en bonne voie. En très bonne voie, même, puisque chaque mot de sa déclaration sonna comme un énième mensonge, un parjure et une insulte à tout ce que nous avions bien pu construire, à tout ce que nous avions pu nous promettre, dans le passé, le présent et pour l'avenir. Je n'en revenais clairement pas et je ne fis rien pour la retenir ou pour retenir ses larmes. Sur le coup, cela ne me fit absolument rien, si ce n'est que ça rajouta à l'amertume et la rancune que j'avais nourries toutes ces dernières semaines à son égard, et plus encore depuis le départ de Camille.

« Excuse-moi une seconde, rétorquai-je entre une colère frémissante et un évident sarcasme, je rêve ou tu es bel et bien en train de dire que tu aurais pu foutre en l'air six années de notre vie pour un type que tu connais depuis quatre semaines ?!... » Je ne voulais même pas entendre la réponse, puisqu'elle me l'avait d'ores et déjà donnée. En outre, je croyais plus difficilement à la vertu de dire tout haut ce que l'on pensait tout bas dès lors que c'était honnête. La déception et la souffrance me rendant cruel, il était assez naturel que je fus aussi de mauvaise foi, à lever les armes de la guerre sans préambule ni vote préalable. « Quand je pense que tu as eu l'audace de me mettre en garde au sujet de Camille... mais, moi, je n'aurais jamais pu - JAMAIS, tu entends - tomber amoureux d'elle ! » Je marquai un bref temps d'arrêt, le temps de reprendre mon souffle et de me détourner d'elle. « T'as déconné, Cléo... t'as clairement déconné. »
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Cléo





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MessageSujet: Re: Tant que mon corps frémira sous tes mains 13.10.10 - 01H10   Mer 13 Oct - 14:14

    Bien évidemment, Cléo s’était rendue compte que dire la vérité n’allait pas lui apporter bonheur et compassion de la part de Narcisse, bien au contraire mais il lui semblait qu’elle le lui devait. Pour une quelconque raison après ce moi d’absence permanente, elle avait un besoin irrationnel de lui confier ce qu’elle avait sur le cœur. Au final c’était égoïste plus qu’autre chose, avec le recul elle comprendra qu’elle aurait du se taire pour ne pas envenimer les choses déjà bien trop compliquées. Il voulait une réponse franche elle lui en avait donné une, ainsi qu’une explication bancale sur le pourquoi du comment. Pour tout avouer elle continuait à parler surtout par peur de le laisser lui répondre à cette remarque pour le moins inattendue. Elle savait qu’il ne serait pas heureux de l’entendre mais ses soupçons étaient en réalité bien loin de la vérité. N’ayant pas soupçonné que ses paroles auraient un tel impact négatif, elle releva la tête vers lui observant les dégâts qu’elle avait provoqués. « Je non je … » Il ne lui laissa guère le temps de terminer sa phrase qu’il enchaînait déjà sur une autre phrase tout aussi amère que Cléo recevait sans bouger.

    Sursautant à son ton plus cassant, les larmes de la jeune femme se firent plus incessantes. Pour autant bien qu’elle comprenait la raison de sa colère elle ne comprenait pas ses causes. Elle avait parlait au conditionnel, elle était avec Narcisse depuis trop longtemps pour tomber amoureuse de quelqu’un d’autre, il était intrinsèquement lié à elle et elle ne pouvait défaire cela. « Mais …. Nars je … C’est toi que j’aime il n’y a pas de choix qui tienne et tu le sais. Il ne s’est rien passé, je savais où étaient les limites depuis le début. Je suis à toi et n’appartient à personne d’autre. » Elle se rapprocha de lui et posa sa main sur son torse. « S’il te plait. Crois moi il ne s’est rien passé. Jamais et il ne se passera rien parce que je ne veux que toi, jusqu’au bout. »

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MessageSujet: Re: Tant que mon corps frémira sous tes mains 13.10.10 - 01H10   Mer 13 Oct - 14:25

Je n'étais pas un homme violent. Et je n'étais pas non plus quelqu'un de colérique. Nul n'avait idée, pas même Cléo, du nombre d'émotions intenses, fougueuses et passionnelles que je pouvais refouler au jour le jour, rien que pour épargner au monde une trop grande part d'humanité. J'avais appris à être imperméable à beaucoup de choses, et j'avais même conçu très jeune à l'être vis-à-vis de tout. Mais j'avais tout donné à Cléo, je lui avais tout confié, mon cœur mais également ma confiance, et comme n'importe qui se donnait à un autre, il attendait une attitude sans faille, constante et honorable. Je ne lui avais jamais demandé d'être parfaite, je lui avais même passé des erreurs parce qu'elle avait su pardonner les miennes, et me comprendre, et aller au-delà de ce dont beaucoup se contentaient s'en sourciller... mais c'était déjà, en soi, trop pénible d'avoir été séparé d'elle sans devoir, au moment de la retrouver, réaliser que de ne pas être jaloux avait été mon plus grand tort. Finalement, j'aurais dû. Voilà ce que je me disais. J'aurais dû être cet homme possessif, exclusif et envahissant, qui contrôle, qui prévoit, prévient et empêche. J'avais été assez naïf pour concevoir une amitié entre un homme et une femme. Entre Cléo et Zoran. Et j'avais été sincèrement con. Profondément, même.

Écartant sa main d'un geste, je refusai qu'elle me touche. Elle pouvait parler tant qu'elle voulait - et, d'ailleurs, je la croyais sans vraiment le réaliser - mais je ne voulais pas la voir approcher. Ces quatre dernières semaines, elle avait bien plus approché Zoran et, à ce titre, c'était la moindre des choses de ne pas me communiquer cette... honte ? oserais-je le dire ? Oui, j'osais. « Six ans... Six longues années. » Cela aurait pu être six mois, l'effet aurait été le même. Notre relation, notre amour, était fondée sur bien trop de souvenirs, de sentiments et d'évènements que le temps n'y avait aucune prise. « J'espère, au moins, qu'il en valait le coup... » Lui faire du mal n'était pas cavalier de ma part, mais je n'avais aucune envie, alors, d'avoir une prise sur mes amertumes. « J'espère qu'il te pardonera, Cléo, j'espère sincèrement qu'il te pardonnera... » Parce que, personnellement, je savais que ce ne serait pas de sitôt. Je n'oubliais jamais, jamais rien. J'enregistrais, et souvent je me taisais, mais je n'en pensais pas moins. Et, pour le coup, je n'allais jamais oublier ce foutu soir où elle avait osé me dire, où elle avait osé l'honnêteté de m'avouer, qu'elle aurait pu tomber amoureuse de Zoran. En vérité, cela me semblait n'être rien de plus qu'un état de fait ; y avoir pensé me semblait justifier un état de fait, du moins sur le moment.
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Cléo





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MessageSujet: Re: Tant que mon corps frémira sous tes mains 13.10.10 - 01H10   Mer 13 Oct - 20:06

    Cléo était au bord du gouffre. En mois de quatre heures, elle venait de se mettre à dos les deux personnes qu’elle appréciait le plus ici, sans qui elle aurait du mal à continuer l’aventure. Elle ne se contentait pas seulement de les perdre, elle se heurtait à deux murs glacials et pleins de ressentiment. L’un comme l’autre n’avait pas hésité une seule seconde pour la faire passer pour coupable dans cette situation. Comme si elle ne se reprochait pas assez le fait d’avoir toujours été honnête avec tout le monde, quelle idée aussi, il fallait que tout lui retombe dessus. Mais c’était d’autant plus douloureux venant de Nars par rapport à leur histoire commune. Elle avait apprit à le comprendre, à l’analyser. Le fait de savoir que la souffrance l’aveuglait lui permettait de supporter son regard et ses remarques acérées. Elle savait qu’il finirait par s’en vouloir d’avoir parlé ainsi. Cela prendrait deux jours, quatre semaines ou trois ans peu importe, elle serait là à l’attendre. Elle n’avait que peu douté de leur relation au fil des ans et ne risquait pas de tout envoyer en l’air aujourd’hui, pour un malentendu. Malgré toutes ses pensées positives, se faire rejeter par l’homme que l’on aime est une torture bien plus infâme que le fait d’être séparé de lui et elle se recula vivement, croisant les bras autour de sa poitrine pour en calmer les soubresauts.

    « Tu … Tu n’es pas en train de dire que … non » Tout d’un coup, la terre se mit à tourner autour d’elle et ses jambes se dérobèrent sous elle. Tombant à genoux sur l’herbe mouillée, elle essaya de retrouver une respiration posée ne trahissant pas son angoisse naissante. Sujette à des crises d’asthme en cas de panique extrème, elle savait qu’elle devait se calmer par n’importe quel moyen. Bien entendu, c’était plus facile à dire qu’à faire, ses heures de sommeil en retard et ses récentes altercations semblant peser tout leurs poids sur ses frêles épaules. Une main sur sa poitrine, elle essaya d’inspirer le plus lentement possible mais elle n’arrivait à faire cesser ses sanglots. Il était impossible qu’il veuille tout rayer d’un coup, sans même y réfléchir un peu plus. Il ne pouvait pas tirer un trait sur eux comme ça, c’était impossible. Plus elle y pensait, plus elle avait du mal à inspirer, sa respiration devenant très vite rapide et trop heurtée.

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MessageSujet: Re: Tant que mon corps frémira sous tes mains 13.10.10 - 01H10   Mer 13 Oct - 20:38

« Ne sois pas stupide, lâchai-je avec un mépris clairement affiché. » De la voir, là, prostrée à même le sol, elle me fendait le cœur. J'aimais Cléo, je l'aimais comme je n'avais jamais aimé personne et comme je n'aimerais certainement plus jamais... mais cette savante attitude de victime parvenait constamment à m'arracher dédain, amertume et rancune. Elle n'avait pas son pareil pour attendrir ce cœur brûlant dans ma poitrine, de même que nul avant elle n'était parvenu, à ce point, à percer en moi quelque chose d'insoutenable et de magnifique à la fois. Ce n'était ni Zoran, ni Secret Story qui allait changer quoi que ce soit à ce que j'éprouvais. En outre, je ne lui en voulais pas autant que je m'en voulais, moi. Moi et mon manque de conscience, de force et de finesse. J'ignorais encore comment j'aurais dû faire, mais j'aurais dû. J'aurais dû la protéger, même d'elle-même, et de la perversité de cette promiscuité autant que de cette invariable distance. J'avais échoué, et je m'en blâmerais bientôt. Mais pas ce soir. Pas tout de suite. Non, cela aurait été trop facile, et trop injuste. Elle ne le méritait certainement pas.

D'un pas vif, je m'approchai d'elle et, prenant ses mains dans les miennes, je l'attirai contre moi jusqu'à l'étreindre. Je n'allais pas humilier Cléo en public, et je n'allais pas non plus aggraver sa souffrance. « Calme-toi, lui soufflai-je. Calme-toi... » Les gens ne comprendraient pas. Mais elle en avait trop vu, et moi donc, et nous surtout. C'était bien assez, c'était même beaucoup trop. Elle se retrouvait dénuée de soutien, ici, dans cette Maison, du moins tant que Zoran ne lui pardonnerait pas. J'ignorais bien d'où me venait cette clairvoyance à travers de la rage, mais j'avais appris que la rancune se tempérait lentement pour ne jamais mourir. J'aurais pu attendre dix ans avant de le lui faire payer, et elle le savait très bien.
Après quelques minutes, je m'écartai. On ne pouvait pas dire que mes traits s'étaient vraiment radoucis, mais il était évident que j'avais une autre idée en tête qu'un nouveau coup de colère. « Une chance, lançai-je froidement. Une seule et unique chance. » Déglutissant péniblement face à la décision que je venais de prendre, je mis quelques secondes à la consentir, comme un infâme aveu, un parjure, ou même une démonstration de culpabilité injustifiée. « Je ne vais pas m'opposer à cette... Luxure Room, articulai-je excessivement lentement - comme si chaque mot m'écorchait lèvres et langue. Parce que j'ai confiance en toi, et que j'ai toujours eu raison de le faire. Mais écoute-moi bien... au moindre impair, au moindre geste déplacé, s'il ne se passe ne serait-ce qu'un détail qui dépasse la plus brute et la plus platonique amitié, tu le regretteras. » C'était loin d'être des menaces en l'air, même si l'idée de la menacer ne me plaisait pas ; je préférais parler de mise en garde. « Et tu me connais suffisamment pour savoir ce dont je suis capable... à la moindre petite chose, je quitte cette Maison, cette folie, et tu auras anéanti les six années les plus importantes, les plus essentielles et les plus belles de toute ma vie... ainsi que les cinquante suivantes. »
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MessageSujet: Re: Tant que mon corps frémira sous tes mains 13.10.10 - 01H10   Mer 13 Oct - 21:57

    Sa tentative d’éclaircir les choses ne la rasséréna pas vraiment, étrange n’est ce pas ? Après tout, il était vrai que ce n’était pas dans un sens purement péjoratif qu’il avait utilisé ce mot mais plus pour montrer le côté puéril de la situation. Cependant d’un point de vue tout a fait extérieur à la scène et vu le ton qu’il avait employé, on pourrait penser qu’il pensait vraiment à sa stupidité, sur le moment en tout les cas. Pour autant il pourrait sembler assez détaché vis-à-vis de la scène et … Cela ne marchait pas le moins du monde. Bien que faisant son possible pour concentrer son esprit sur autre chose que sa respiration, cela semblait être peine perdue et cela ne faisait qu’aggraver sa situation lorsqu’elle se reconnectait à la réalité. Il n’y avait que lui qui savait gérer ses angoisses, depuis le premier jour dans cette prison jusqu’à ce soir. Peu importe ses sentiments, il avait toujours fait passer le bien être de Cléo avant le sien et elle lui en est reconnaissante. Souvent trop fragile et à fleur de peau, il savait comment la rassurer, lui faire oublier ses craintes. Ils avaient toujours traversé chaque épreuve et n’en étaient ressortis que plus forts. Il avait prouvé que l’amour n’existe pas seulement dans les films. Il avait réveillé son cœur qu’elle lui avait donné sans restriction aucune. Elle avait misé toute sa vie sur lui et n’avait jamais eu à douter du résultat final. Elle comptait bien vieillir à ses côtés, ne serait-ce que pour vivre ses derniers instants avec le seul être ayant été capable de la faire vibrer chaque jour que Dieu fait.

    Penser à cet amour indestructible et sentir ses bras autour d’elle parvinrent à la calmer. Bien que toujours hachée, sa respiration avait repris un cours plus acceptable. Après des mots plus que difficiles à encaisser, ce moment de tendresse n’était pas du luxe et elle en profita jusqu’à la dernière seconde. Ses larmes taries, elle écouta simplement ce qu’il avait à dire, hochant la tête quand elle jugeait nécessaire qu’elle lui fasse comprendre qu’elle l’écoutait véritablement et prenait tout cela au sérieux. Dans un moment comme cela, il n’y avait que Cléo pour ne prendre que le meilleur de ses paroles et acceptait un compliment pourtant bien ombragé par une menace réelle. Elle lui adressa un sourire reconnaissant et finit par se coucher sur l’herbe, la tête vers les étoiles. « Je ne veux pas y aller. Je ne l’ai jamais voulu mais je n’ai pas le choix, c’est comme ça. Il ne se passera rien, et sincèrement je doute même de la présence de Zoran, je ne sais pas s’il me … Enfin il ne se passera rien. » Elle avait été assez franche pour ce soir et Nars n’était sans aucune doute pas la bonne personne à qui s’adresser pour parler du serbe, du moins pas tout de suite. « Pour moi aussi tu sais, ces six années ont étés les plus merveilleuses de mon existence et je ne ferais rien pour anéantir les prochaines. Six années de bonheur ce n’est pas assez, je pense qu’on peut faire mieux. Je nous verrais bien centenaire. Tu sais dans un petit village tranquille dans un pays lointain, l’Afrique sans doute. La vie ne serait pas toujours facile mais nous aurions tout ce dont nous avons besoin et on serait juste … Ensemble. Ce simple mot me permettrais de vivre trois cent ans si c’était pour les passer avec toi tu sais. Bon c’est sur au bout d’un moment tu ne serais plus aussi performant qu’aujourd’hui mais je ferai avec ! »

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MessageSujet: Re: Tant que mon corps frémira sous tes mains 13.10.10 - 01H10   Mer 13 Oct - 22:20

Il ne se passerait rien... tiens donc ! Exactement comme il n'aurait rien dû se passer ? Ou bien allait-elle enfin se montrer un tant soit peu digne du couple que nous avions présenté à l'écran. Ah, ça, nous n'étions pas parfaits, mais ce n'était pas sur cela que je comptais. Le jugement de milliers de personnes n'avait aucune importance ; je ne supportais déjà pas qu'elle m'humilie devant ma seule personne, alors devant deux dizaines d'habitants ou des centaines de proches ou d'inconnus, cela ne faisait qu'aller de pair, comme une sempiternelle règle mathématique qu'on applique avec méthode... et stupidité.

Je l'entendais parler, sans toutefois l'écouter. Elle divaguait. Là, maintenant, elle songeait avec mélancolie et spéculations, à cheval entre deux mondes : le réel et le sien propre. Cléo le faisait souvent lorsqu'elle était désemparée, ou qu'elle réfléchissait à haute voix, dans sa sphère personnelle que même moi je ne comprenais pas toujours. Et puis, ce soir, je n'avais définitivement aucunement dans l'idée de lui accorder ne serait-ce qu'un rien de ma compréhension. Elle pouvait bien déblatérer toute la nuit si cela lui faisait du bien, ça ne changeait ni mes idées ni mes sentiments. D'ailleurs, je n'étais pas le genre d'hommes à rêver d'un beau mariage, de deux ou trois enfants, d'un chien et d'une maison de campagne. Toutes ces rêveries mièvres et ces bonheurs convenus m'avaient ennuyé pour finalement m'indifférer. Je n'avais pas été élevé dans cette idée. A l'orphelinat, l'on m'avait appris les plaisirs simples, et surtout les plaisirs éphémères. Rien n'était acquis, jamais, et c'était un autre manquement de ma part à ces enseignements qui me bordait de regrets. Moi, je n'avais pas grandi dans une belle et heureuse famille et, d'ailleurs, Cléo non plus. Quand elle parlait de nous deux, centenaires, et au beau milieu de l'Afrique, elle exprimait seulement l'idée que nous avions un avenir ensemble et, cela, je ne pouvais le nier. Elle était mon double, depuis six ans, et certainement depuis trente-trois ans, en fait. Cléo avait été la personne qu'on attend toute une vie et qui apparait, un jour, pour ne plus jamais s'envoler. Et parce que j'étais sûr de cela, j'étais sûr d'elle.

« Performant ? » Interpelé, je me retournai vers elle, un léger rire au bord des lèvres. La nervosité devait m'aider à trouver tout et rien risible mais... « Comment ça, performant ? »
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MessageSujet: Re: Tant que mon corps frémira sous tes mains 13.10.10 - 01H10   Mer 13 Oct - 23:04

    Bien que la plupart des habitants doivent être pleins de questions à leur propos, les évidentes différences où comment ils avaient fait pour tenir aussi longtemps sans contact intime, Cléo elle n’en était plus au temps des questions mais à celui des réponses. Elle ne pouvait pas dire qu’elle n’avait pas douté du bien-fondé de leur action au moins des centaines de fois lorsqu’elle le voyait sans pouvoir le toucher. Combien de fois elle réprima un geste d’affection de justesse de peur d’en faire trop ? Mais jamais elle n’avait douté d’eux et du lien qui les unissait inexorablement. Même aux moments le plus critique où elle avait cru le voir se perdre sous ses yeux. Ils étaient inflexibles, protégés par des barrières qu’ils avaient eux même érigées contre le reste du monde. Et même si parfois celles-ci se trouvaient être entrouvertes, aucun des deux n’agirait ouvertement pour les laisser s’envoler. Elle avait fait entrer Narcisse dans son monde, celui qu’elle avait mis du temps à construire mais où elle se sentait en sécurité. Aujourd’hui, il était devenu sa sécurité, et même si elle n’avait plus besoin de se retirer dans son propre univers, elle le faisait encore par habitude, ou simplement parce qu’elle y était attachée. En tout les cas, il resta à l’extérieur comme d’habitude. Mais elle n’avait pas forcément besoin de réponse, ni même de savoir qu’il l’écoutait, sa présence était amplement suffisante.

    Mais il restait un homme et capta tout de même le plus intéressant. Enfin tout dépendait des points de vue mais la fin ne le laissa pas indifférent. Tant mieux c’était plus ou moins l’effet recherché. Elle esquissa un sourire en coin et se mordilla la lèvre tout en se redressant. « Oh pardon, tu aurais préféré le meilleur de tout les temps ? C’est vrai que j’ai été avare en compliments ce qui ne me ressemble guère je l’avoue. » Elle s’approcha de lui lentement pour le laisser se préparer à l’idée et finit par le pousser doucement pour qu’il se retrouve couché au sol. Une fois à califourchon sur lui, elle ne tarda pas à venir poser ses lèvres sur les siennes avant de descendre le long de sa mâchoire, de son cou. Elle chuchota tendrement à l’oreille « Très très performant. Et devoir faire chambre à part durant quatre semaines fut une torture. » Elle passa sa langue le long de son cou avant de venir l’embrasser à nouveau, retrouvant cette passion fougueuse qu’elle avait depuis trop longtemps refoulée.

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MessageSujet: Re: Tant que mon corps frémira sous tes mains 13.10.10 - 01H10   Mer 13 Oct - 23:26

Quatre semaines d'abstinence avaient fait leur œuvre. En outre, la violence des émotions que j'éprouvais n'arrangeait rien puisque, s'ajoutant à tout ce qui avait déjà été refoulé, je perdais consciencieusement - faute de consciemment - le contrôle optimal de ma raison, et surtout de ma retenue.
De temps en temps, je l'avais sentie contre moi, et quand je l'avais embrassée dans le dressing... seigneur, cela avait été une torture de ne point lui sauter dessus. Nos peaux s'étaient frôlés, nos lèvres également, et six ans de vie commune - ou presque - n'avaient pas exactement entamé notre appétit ou notre imagination. En tous les cas, si cela avait été le cas, ces derniers vingt-huit jours avaient tout rétabli. Nous n'étions pas non plus des adolescents assaillis par les hormones, mais savoir que ce corps, même lointain, m'appartenait avait eu le divin effet de me laisser songeur bien des nuits. Et bien des jours aussi. Et même ce fameux soir, où Camille était partie, Cléo avait soigneusement pris place sur mes genoux. Et vous connaissiez certainement la cultissime et légendaire réplique de Mae West qui disait « là, dans ta poche, c'est ton revolver ou t'es juste content de me voir ? »... à peu de choses près, c'était tout à fait cela.

Bien entendu, je la laissai faire. Je lui en voulais toujours, mais elle s'était constituée de très solides arguments pour le moment. Ses lèvres couraient sur ma peau, et le contact brûlant de son corps contre le mien ravissait mes sens à en corrompre ma raison. J'en fus même à oublier pendant plusieurs minutes que nous étions au beau milieu du jardin, certes à l'abri du regard des candidats, mais toujours sur le feu de dizaines de caméras. Cela ne semblait pas la gêner, et j'appréciais même cette impudence, cette impudeur, car elle était capable de caractériser Cléo dans la moindre de ses subtilités. Il n'y avait pas beaucoup à se demander sur le pourquoi du comment j'étais tombé sous le charme. « Arrête, l'incitai-je avec peu de conviction. » Pourtant, je l'embrassai à mon tour, savourant le délice carnassier de ses lèvres avides. Elle était tellement... lascive, langoureuse et licencieuse que c'en était douloureux. Car, qu'on se le dise, l'abstinence n'était pas vraiment finie, n'est-ce pas ? « C'est très mal de flatter l'ego masculin, mon amour... très très mal. » Et, bien sûr, le sourire entendu vissé à mes lèvres en témoignait. Caressant alors sa nuque du bout de mes doigts, je l'attirai encore en moi pour un profond et prolongé baiser humecté d'ardeur, d'impatience et de fébrilité.
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MessageSujet: Re: Tant que mon corps frémira sous tes mains 13.10.10 - 01H10   Jeu 14 Oct - 0:22

    Cléo n’hésita pas une seule seconde à rapprocher leur corps pour une étreinte un peu plus qu’amicale. Elle ne pouvait parjurer et dire que le manque ne l’avait pas envahi jusque dans ses rêves. Non pas qu’elle soit dans l’incapacité totale de faire abstraction de ses envies mais simplement que ne le désirant pas, cela rendait la tache plu ardue et l’action interdite encore plus tentante. C’était une chose, comme la plupart de ce que pouvait lui apporter Narcisse dont elle ne s’était pas lassée, malgré leur longue relation, elle ressentait toujours pour lui les mêmes élans qu’aux premiers jours, la timidité en moins ceci dit. Elle n’était pas sans savoir que cela avait provoqué les mêmes désirs chez Narcisse, consciente des effets physiques qu’elle avait pu avoir sur lui. Même après tout ce temps, elle était encore flattée de l’attention qu’il pouvait lui porter, de voir qu’elle ne descendait pas le moins du monde dans son estime. Et que malgré la colère et la déception, il était enclin à aller de l’avant, oublier semblant bien incongru pour qualifier Narcisse.

    C’est avec une félicité sans pareille que Cléo s’empara de ses lèvres, retrouvant une complicité égarée. Chacun de ses mouvements frisait l’indécence mais elle n’en avait que faire car c’était avec lui qu’elle s’adonnait à ce plaisir. Son ordre sonnait faux contrairement à leur rapprochement qui sonnait étonnement juste, naturel, instinctif. Qui plus est il n’en croyait pas mot et n’ayant aucune envie de stopper leur élan, n’y m’y pas frein, bien au contraire. Peu désireuse de montrer une nouvelle fois son corps dénudé aux téléspectateurs, elle avait encore moins envie que celui de Narcisse soit un peu plus exposé, ce corps aussi parfait soit-il était sien et bien qu’absolument possessive, elle savait marquer sa propriété lorsqu’il le fallait. Elle passa une main légère sous son haut pour venir le caresser à même la peau. Cette chaleur primaire accompagnée des paroles de Narcisse eurent raison du peu de self control qu’elle pouvait avoir et elle se laissa aller entièrement dans ses bras. Un frisson parcouru son corps et elle s’abandonna dans ce baiser sans retenue aucune. Son corps comme trop longtemps priver de son oxygène réagissait au moindre des mouvements masculins, brûlant d’impatience tout en essayant de s’exhorter au calme. Pour autant, c’était elle l’intrépide et elle n’hésita pas à descendre sa main plus bas, pleine d’ardeur. Ce n’est point la peine de citer cette citation, le meilleur moyen de résister à la tentation est d’y céder, Cléo l’exécutait à merveille, ne pouvant résister à ce charme voluptueux qu’il dégageait encore et toujours.

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MessageSujet: Re: Tant que mon corps frémira sous tes mains 13.10.10 - 01H10   Jeu 14 Oct - 0:55

Ain't no sunshine when she's gone...
Un jour, un soir, peut-être lointain, j'avais embrassé Cléo sur cette chanson, sur le célèbre Ain't no sunshine de Bill Withers. Si je m'en souvenais, ici et maintenant, c'était parce que, tout aussi fourbe, elle était venue glisser ses doigts fragiles mais agiles sous le tissu pour effleurer consciencieusement ma peau. Elle savait en apprécier les caractères comme un langage connu, que trop longtemps apprivoisé, comme l'on se connait depuis toujours sans pouvoir toutefois se départir de l'idée que, quoi qu'il arrive, on ne cessait jamais de découvrir les êtres qui nous étaient les plus proches. Et, alors enveloppé par la volupté de ses caresses, je sentais tout mon être tendre à une lecture plus intense, plus intime, et je lui aurais, pour ce faire, confier toutes les clefs de mes armures pour qu'elle m'y violât. Je ne songeai pas un seul instant à m'offusquer de la douce chaleur de son corps contre le mien, et de ses courbes épousant parfaitement mon âme. Cette femme était parfaite, cette femme était mienne et, pour l'heure, cette femme avait fort bien compris qu'il n'existait aucun moyen qui fût plus efficace dans la réconciliation... que le sexe, le sexe et ses langueurs, le sexe et ses parfums, ses délices et ses volutes qui enfument et enflamment l'esprit.
Celui qui, un jour, avait dit des femmes qu'elles étaient des démons, qu'elles étaient le Diable même, avait tout simplement tout compris, sans qu'on n'eut cru bon d'écouter l'homme le plus avisé de nous tous.

Alors oui, j'étais dévoré par l'insatiable envie d'aimer Cléo, l'envie de lui faire l'amour encore, et encore, jusqu'à épuiser nos deux corps suintants. Mais nous ne pouvions pas. Nous ne devions pas. Et encore moins là, au beau milieu des hamacs, dans le jardin, et sous l'œil avisé de toutes les caméras. J'avais terriblement envie d'elle... mais mes doigts se refermèrent presque trop naturellement sur son poignet, avant d'écarter cette main insidieuse perdue entre nos deux corps. « Sois sage, lui confiai-je de mes lèvres déposées au creux de son oreille. Ce n'est pas encore l'heure... » Et je le regrettais, croyez-le bien, alors que mes lèvres venaient se déposer au creux de son cou, afin que ma langue put dessiner d'infinies arabesques mystiques sur sa peau. « Et j'aimerais que... » Je ne voulais pas briser cet instant mais une part de moi-même ne cessait de m'exhorter à... la délictuelle décence. Je désirais Cléo et chacun de ses gestes, mais je consentis à la plus brute des chastetés parce qu'il m'était impossible, insoutenable, de penser m'unir encore à elle sans que notre accord fût parfait, sur tous les plans. Romantique diraient certains, mais c'était bien plus que cela, tout à la fois passion et raison, sentiments et contenance, amertume et folie... Je voulais tout, tout et en entier, ou alors rien. Rien du tout. « Laisse-nous au moins la nuit pour penser à tout cela... » Et même plusieurs autres, songeai-je en croisant de nouveau son regard, car malgré le feu qui étreignait mes reins, et cette lumière qui incendiait mes yeux, je n'étais pas encore prêt à partager son lit, ses étreintes, et tous ces instants futiles qui ne prenaient jamais de sens que lorsqu'ils s'étaient finalement éteints.
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MessageSujet: Re: Tant que mon corps frémira sous tes mains 13.10.10 - 01H10   Ven 15 Oct - 11:05

    Capable sans aucuns états d’âme de passer des pleurs à la volupté la plus complète, Cléo épousait parfaitement les courbes de l’homme qu’elle n’avait pu toucher que trop longtemps. Le retrouver était un délice pur et simple, mais elle aurait aussi voulu le posséder, entièrement, sans aucune restriction, corps et âme. Elle se rendait compte que ce n’était pas aussi simple mais ça ne l’arrêta pas pour autant, sa raison cédant la place à ce sentiment beaucoup plus puissant, l’allégresse. Cet homme qu’elle aimait depuis si longtemps faisait toujours battre son cœur un peu plus vite, la transportait immédiatement dans les affres du ravissement. Elle avait exploré chaque centimètre carré de sa peau, gouté avec plaisir les délices de sa chair mais n’en était pas encore rassasié, jamais sans doute, et moins encore après tant de restrictions. Bien qu’elle ne puisse renier le fait qu’il ressente le même besoin, il la stoppa en plein élan. Une légère moue s’afficha sur son minois mais elle n’insista pas, au final il avait raison, comme toujours. Il savait faire la part des choses et ce n’était bien entendu ni le lieu ni l’endroit pour s’adonner à de tels plaisirs. Pour autant son corps et sa raison n’étaient pas en total accord ce qui la ravissait au possible. Elle frissonna doucement sous sa langue, s’il continuait comme cela elle n’en aurait que plus de mal de mal à récupérer son entière capacité de réflexion. « Laisse-nous au moins la nuit pour penser à tout cela... »

    Pour le coup il réussit à la perturber assez pour que sa raison reprenne le dessus. Elle se redressa déposant un dernier baiser sur ses lèvres tentatrices et reprit place dans l’herbe, songeuse. Il lui faudrait bien plus de temps pour oublier ce qu’il s’était passé et elle avait été bien trop vite en besogne, oubliant presque la dispute précédente. Lui non, lui gardait tout cela en tête et ne pouvait se l’ôter même pour quelques minutes. Le récupérer entièrement serait beaucoup plus compliqué qu’elle ne le pensait ais elle était patiente, et obstinée. Elle glissa sa main dans celle du blond et soupira doucement. « Il faut voir le bon côté des choses, personne ne me piquera ma couverture ce soir. » Ce qui était une grande spécialité de Narcisse depuis très –trop- longtemps. Elle esquissa un sourire et observa les étoiles avec attention, cherchant le sentiment qui aurait du aller de paire avec sa blague mais le cœur n’y était pas.

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